Obligations de transparence financière en Bulgarie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

À l’heure où la transparence financière est un enjeu crucial sur la scène internationale, la Bulgarie se retrouve à un carrefour déterminant dans ses réformes économiques. Confrontée à la nécessité d’aligner ses normes avec celles de l’Union européenne, le pays a engagé des efforts pour renforcer les obligations en matière de transparence dans plusieurs secteurs clés. Cet article explore comment ces réformes impactent non seulement les entreprises locales mais aussi l’économie bulgare dans son ensemble, tout en examinant les défis qu’elles posent à un paysage économique en pleine mutation.

Les exigences légales de reporting en Bulgarie

Cadre réglementaire du reporting financier en Bulgarie

Le reporting financier en Bulgarie est principalement régi par la Loi Comptable et le Code de Commerce. Ces textes fondamentaux établissent les exigences de base en matière de tenue de comptes et de publication d’états financiers pour les entreprises opérant dans le pays.

La Loi Comptable bulgare, mise à jour en 2024, définit les principes comptables généralement acceptés et les obligations de reporting pour différentes catégories d’entreprises. Elle impose notamment l’utilisation des Normes Internationales d’Information Financière (IFRS) pour certaines entités, alignant ainsi les pratiques bulgares sur les standards internationaux.

Application des normes IFRS

Depuis le 1er janvier 2024, toutes les entités d’intérêt public en Bulgarie sont tenues d’appliquer les IFRS telles qu’adoptées par l’Union européenne pour la préparation de leurs états financiers. Cette catégorie inclut :

  • Les sociétés cotées sur un marché réglementé de l’UE
  • Les établissements de crédit
  • Les compagnies d’assurance
  • Les sociétés de gestion de fonds de pension
  • Les entreprises ferroviaires nationales
  • Les sociétés de distribution d’eau et d’assainissement

Les autres entités peuvent choisir d’appliquer les IFRS ou les Normes Comptables Nationales établies par le Ministère des Finances bulgare.

Seuils d’audit obligatoire

La Loi Comptable définit également les seuils au-delà desquels les entreprises sont soumises à un audit obligatoire de leurs états financiers. Actuellement, sont concernées :

  • Les petites entités dépassant au moins deux des critères suivants : total du bilan de 2 millions de BGN, chiffre d’affaires de 4 millions de BGN, effectif moyen de 50 employés
  • Les moyennes et grandes entités
  • Les entités d’intérêt public
  • Les groupes de taille moyenne et grande, ainsi que ceux incluant une entité d’intérêt public
  • Les sociétés anonymes et les sociétés en commandite par actions, sauf exceptions

Rôle de la Commission de Surveillance Financière

La Commission de Surveillance Financière bulgare joue un rôle crucial dans la supervision du respect des normes de reporting financier. Elle est chargée de contrôler la conformité des états financiers publiés par les entités d’intérêt public et d’imposer des sanctions en cas de non-respect des exigences légales.

Réformes récentes et alignement sur l’UE

La Bulgarie a récemment entrepris des efforts significatifs pour aligner ses pratiques de reporting financier sur les standards de l’Union européenne. En 2024, le pays a transposé la Directive sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD) dans sa législation nationale, renforçant ainsi les obligations de divulgation d’informations non financières pour les grandes entreprises.

De plus, la Bulgarie prévoit d’introduire le système Standard Audit File for Tax (SAF-T) à partir de 2026, commençant par les grandes entreprises. Cette initiative vise à améliorer la transparence fiscale et à lutter contre la fraude en standardisant le format des données comptables et fiscales transmises aux autorités.

Obligations de publication

Les entreprises bulgares sont tenues de déposer leurs états financiers annuels auprès du Registre du Commerce dans un délai d’un mois suivant l’approbation des comptes par l’assemblée générale. Ces documents sont ensuite rendus publics, contribuant ainsi à la transparence du marché et à la confiance des investisseurs.

Bon à savoir :

En Bulgarie, les exigences légales de reporting reposent principalement sur la Loi Comptable Bulgare et le Code de Commerce, qui stipulent que les entreprises doivent publier des états financiers conformes aux Normes Internationales d'Information Financière (IFRS). Les entreprises dépassant certains seuils de chiffre d'affaires, d'actif total ou de nombre d'employés sont tenues de réaliser un audit obligatoire. La Commission de Surveillance Financière bulgare joue un rôle clé dans la supervision du respect des normes de reporting, veillant à l'exactitude et à la transparence des informations financières publiées. Ces dernières années, la Bulgarie a entrepris des réformes pour aligner ses pratiques de reporting avec celles de l'Union Européenne, ce qui inclut une surveillance renforcée et une amélioration de l'accès aux informations financières pour le public. Les entreprises doivent être attentives aux mises à jour législatives afin de garantir leur conformité avec les standards européens en constante évolution.

Transparence financière : un outil contre la corruption

Transparence financière : un outil contre la corruption

La Bulgarie a entrepris des efforts significatifs pour améliorer la transparence financière et lutter contre la corruption ces dernières années. En 2018, le pays a adopté une loi anticorruption majeure, qui a notamment créé la Commission pour la lutte contre la corruption et la confiscation des biens acquis illégalement (CACIAF). Cette institution a été chargée de prévenir la corruption, de vérifier les déclarations de patrimoine des hauts fonctionnaires et d’identifier les conflits d’intérêts.

En 2023, la Bulgarie a franchi une nouvelle étape en restructurant la CACIAF en deux nouvelles organisations : la Commission anticorruption (CAC) et la Commission pour la confiscation des biens acquis illégalement (CIAF). L’objectif était de renforcer leurs mandats respectifs et de clarifier leurs responsabilités pour lutter plus efficacement contre la corruption.

Obligations légales pour les entreprises et les fonctionnaires

La législation bulgare impose désormais des obligations strictes de transparence financière aux entreprises et aux fonctionnaires. Les sociétés doivent publier leurs bilans annuels au registre du commerce, où ils sont accessibles au public. Les entreprises ont jusqu’au 30 septembre de chaque année pour déposer leur bilan de l’année précédente. Ce bilan doit être signé par le dirigeant de la société et par un comptable agréé ou un expert-comptable.

Pour les hauts fonctionnaires, la loi exige qu’ils soumettent des déclarations détaillées de leur patrimoine, qui sont ensuite vérifiées par la Commission anticorruption. Cette mesure vise à détecter tout enrichissement inexpliqué ou conflit d’intérêts potentiel.

Résultats et défis persistants

Bien que ces réformes aient permis d’améliorer la transparence, des défis importants subsistent dans leur mise en œuvre effective. L’instabilité politique chronique de la Bulgarie, avec cinq élections en trois ans, a entravé l’application cohérente des nouvelles règles. De plus, la fragmentation du paysage politique a parfois conduit à des compromis qui ont affaibli l’efficacité des institutions anticorruption.

Néanmoins, des progrès tangibles ont été réalisés. En 2023, le Groupe BEI a doublé son soutien aux projets en Bulgarie, atteignant 1,11 milliard d’euros d’engagements financiers. Cette augmentation significative témoigne d’une confiance accrue dans la transparence et la gestion des fonds publics du pays.

Exemples concrets de l’impact de la transparence financière

Un cas emblématique illustre l’importance de la transparence financière dans la lutte contre la corruption. Lors de la préparation du rapport ITIE 2020, une affaire de fraude impliquant une collusion entre des agents des impôts et une entreprise a été découverte. Le rapprochement des données financières a révélé que l’entreprise avait versé des fonds que le gouvernement n’avait pas reçus. Cette découverte a conduit à des enquêtes, au recouvrement des sommes détournées et à des poursuites pénales.

La Bulgarie a également mis en place un outil innovant pour identifier les risques de corruption liés aux personnes politiquement exposées (PPE). Cet outil croise les données sur la propriété effective des entreprises avec les divulgations financières pour signaler les conflits d’intérêts potentiels dans l’octroi de licences et de contrats.

Malgré ces avancées, la Bulgarie fait toujours face à des défis majeurs dans sa lutte contre la corruption. Le pays doit continuer à renforcer ses institutions, à améliorer l’application des lois existantes et à promouvoir une culture de l’intégrité à tous les niveaux de la société pour consolider les progrès réalisés en matière de transparence financière.

Bon à savoir :

La Bulgarie a entrepris d'importantes réformes législatives pour renforcer la transparence financière, notamment grâce à la loi contraignant les entreprises et les fonctionnaires à déclarer publiquement leurs actifs financiers, permettant ainsi un suivi rigoureux pour prévenir les pratiques illicites. Le pays a également mis en place des institutions dédiées, comme la Commission pour la prévention et la lutte contre la corruption, qui jouent un rôle crucial dans l'application de ces règles. Malgré ces avancées, la mise en œuvre efficace reste entravée par des défis persistants, tels que le manque de ressources financières et humaines pour les organes chargés de la surveillance. Un exemple notable de réussite est l'affaire de corruption concernant un haut fonctionnaire qui a été révélée grâce au contrôle des déclarations de patrimoine, illustrant l'impact positif de la transparence financière sur la réduction de la corruption. Toutefois, le défi demeure d'assurer une conformité uniforme et d'améliorer la coopération interinstitutionnelle pour maximiser l'efficacité de ces mesures.

Adhésion aux normes comptables internationales

Adoption des normes comptables internationales en Bulgarie

La Bulgarie a adopté les Normes Internationales d’Information Financière (IFRS) en 2003, marquant ainsi son engagement envers la transparence financière et l’harmonisation avec les pratiques comptables internationales. Cette décision a considérablement influencé le paysage comptable du pays, imposant de nouvelles exigences aux entreprises bulgares et transformant la manière dont l’information financière est préparée et présentée.

Principales normes IFRS adoptées

Les entreprises bulgares sont tenues d’appliquer un ensemble complet de normes IFRS, incluant notamment :

  • IAS 1 : Présentation des états financiers
  • IFRS 9 : Instruments financiers
  • IFRS 15 : Produits des activités ordinaires tirés de contrats conclus avec des clients
  • IFRS 16 : Contrats de location

Ces normes visent à améliorer la qualité et la comparabilité des informations financières, permettant ainsi aux investisseurs et autres parties prenantes de prendre des décisions éclairées.

Impact sur la transparence financière

L’adoption des IFRS a considérablement amélioré la transparence financière en Bulgarie. Les entreprises sont désormais tenues de fournir des informations plus détaillées et standardisées dans leurs états financiers, ce qui facilite la comparaison entre les entreprises et renforce la confiance des investisseurs. Cette transparence accrue a également contribué à attirer des investissements étrangers, stimulant ainsi l’économie bulgare.

Obligations spécifiques pour les entreprises bulgares

Les entreprises bulgares cotées en bourse et les institutions financières sont tenues d’appliquer intégralement les IFRS dans leurs états financiers consolidés. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont la possibilité de choisir entre les IFRS complètes et une version simplifiée des normes nationales bulgares, alignée sur les IFRS pour les PME.

Avantages et défis de l’application des IFRS

L’adoption des IFRS a apporté de nombreux avantages aux entreprises bulgares, notamment une meilleure comparabilité internationale, une transparence accrue et un accès facilité aux marchés de capitaux étrangers. Cependant, la transition vers ces normes a également présenté des défis, tels que :

  • Des coûts de mise en conformité élevés
  • La nécessité de former le personnel comptable
  • La complexité de certaines normes pour les petites entreprises

Mesures gouvernementales pour faciliter la transition

Le gouvernement bulgare a mis en place plusieurs initiatives pour soutenir les entreprises dans leur transition vers les IFRS :

  • Création de programmes de formation pour les professionnels de la comptabilité
  • Mise en place d’un organisme de surveillance pour assurer la conformité aux normes
  • Collaboration avec des organismes internationaux pour obtenir des conseils et du soutien

Ces mesures ont contribué à faciliter l’adoption des IFRS et à améliorer la qualité globale des rapports financiers en Bulgarie.

Bon à savoir :

La Bulgarie a adopté les Normes Internationales d'Information Financière (IFRS) afin de renforcer la transparence financière et intégrer ses entreprises dans le système comptable mondial. Cela oblige les entreprises cotées et celles d'intérêt public à aligner leurs rapports financiers sur ces standards, offrant ainsi une meilleure comparabilité et une fiabilité accrue des informations financières divulguées. Cependant, l'application des IFRS en Bulgarie représente un défi pour certaines entreprises qui doivent réviser leurs systèmes comptables internes et former leur personnel, notamment pour les PME qui ne bénéficient pas des mêmes ressources que les grandes entreprises. Le gouvernement bulgare soutient cette transition par le biais de formations et de ressources éducatives afin de faciliter l'adoption et d'assurer la conformité. Cette démarche vise non seulement à attirer des investissements étrangers grâce à une plus grande transparence, mais aussi à améliorer la confiance des investisseurs locaux. La mise en œuvre des IFRS a effectivement permis une plus grande clarté dans les états financiers, bien que certains ajustements soient encore nécessaires pour intégrer pleinement toutes les spécificités du marché local dans ces normes préétablies.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Cyril Jarnias est un expert indépendant en gestion de patrimoine internationale avec plus de 20 ans d'expérience. Expatrié, il se consacre à aider les particuliers et les chefs d'entreprise à construire, protéger et transmettre leur patrimoine en toute sérénité.

Sur son site cyriljarnias.com, il développe son expertise sur l’immobilier international, la création de société à l’étranger et l’expatriation.

Grâce à son expertise, il offre des conseils avisés pour optimiser la gestion patrimoniale de ses clients. Cyril Jarnias est également reconnu pour ses interventions dans de nombreux médias prestigieux tels que BFM Business, les Français de l’étranger, Le Figaro, Les Echos ou encore Mieux vivre votre argent, où il partage ses connaissances et son savoir-faire en matière de gestion de patrimoine.

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